Ecole Spéciale Militaire Interarmes
EMIA / ESMIA
École des Élèves Aspirants de CHERCHELL - (EEA)
En novembre 1942, la Wermacht envahit la zone libre ; l’École d’Aix en Provence est évacuée. Pour pallier l'absence des écoles d'armes dissoutes par l'occupant allemand en juin, est créé le 28 novembre 1942, par décision du Gouvernement provisoire d'Alger, l'Ecole des Elèves Aspirants de Cherchell et de Médouina.
Elle est créée en terre algérienne, à CHERCHELL (130 km à l’ouest d’Alger). Son objectif est de former des officiers. Par la note d’instruction n°182, du 6 décembre 1942 : « Il est créé un centre d’instruction d’élèves officiers pour l’ensemble des trois pays d’A.F.N. (Algérie, Tunisie, Maroc), fonctionnant à Cherchell (département d’Alger) ». Le centre d’instruction d’élèves aspirants (CIEA) est ainsi créé et deviendra rapidement l'EEA (École des Élèves Aspirants de CHERCHELL).
Elle sera composée de cinq promotions (séries) dont la dernière (Promotion Rhin Français) a été affiliée à l'E.M.I.A. Elle formera 3628 officiers dont 461 sont morts au champ d'honneur.
- 15/12/1942 - 30/04/1943 :Promotion Général WEYGAND - 1e série de l'école de CHERCHELL
École des Élèves Aspirants d'Afrique du Nord - (EEAAFN)
A partir du 1er avril 1943, à la fin du stage de la 1e série, l’école prit le titre d'EEAAFN (Ecole des Elèves Aspirants d'Afrique du Nord).
- 01/05/1943 - 30/09/1943 : Promotion Tunisie - 2e série de l'école de CHERCHELL
- 01/10/1943 - 15/04/1944 : Promotion Libération - 3e série de l'école de CHERCHELL
- 16/04/1944 - 30/10/1944 : Promotion Marche au Rhin - 4e série de l'école de CHERCHELL
École Militaire InterArmes (E.M.I.A.) de CHERCHELL
l'EEAAFN prendra le nom d’École Militaire InterArmes (E.M.I.A.) le 13 décembre 1944 par décision ministérielle du gouvernement provisoire de la république française. La première promotion de l'EMIA sera la 5e série et restera 5 mois à Cherchell avant de déménager à Saint-Cyr coëtquidan en France.
- 12/1944 - 05/1945 : Promotion Rhin Français - 5e série de l'école de CHERCHELL - 1ère Promotion EMIA
École Militaire InterArmes (E.M.I.A.) à Saint-Cyr Coëtquidan
Début juillet 1945, sur les instances du général DE LATTRE de TASSIGNY, l’École Militaire InterArmes ( E.M.I.A.) est implantée dans les landes bretonnes à Coëtquidan. La formule de l’école unique de formation des officiers de l’Armée de terre, qui avait été créée à CHERCHELL est maintenue. Les deux premières promotions EMIA transférées de Cherchell à Coëtquidan en juin 1945 et formées à Coëtquidan sont :
- 03/07/1945 - 16/12/1945 : Promotion VICTOIRE - 6e série
- 05/03/1946 - 01/05/1947 : Promotion INDOCHINE - 7e série
Ecole Spéciale Militaire Interarmes (E.S.M.I.A.)
Le 23 mai 1947, l'EMIA change de nom. L’Ecole Spéciale Militaire Interarmes (ESMIA) est créé avec la première promotion "Nouveau Bahut". L'ESMIA forme à la fois des officiers issus du concours externe et des officiers issus du recrutement interne. Jusqu’en 1951, les élèves sont amalgamés dans le même bataillon. C'est la volonté de son fondateur, le général de Lattre de Tassigny, qui souhaitait et pronait un amalgame. Les promotions ESMIA restaient deux ans à Coëtquidan.
- 1945 - 1947 : NOUVEAU BAHUT - 8e série - 132e promotion de Saint-Cyr - 1e promotion ESMIA
- 1946 - 1948 : Général LECLERC - 9e série - 133e promotion de Saint-Cyr - 2e promotion ESMIA
- 1947 - 1949 : RHIN ET DANUBE - 10e série - 134e promotion de Saint-Cyr - 3e promotion ESMIA
- 1948 - 1950 : Général FRERE - 11e série - 135e promotion de Saint-Cyr - 4e promotion ESMIA
- 1949 - 1951 : GARIGLIANO - 12e série - 136e promotion de Saint-Cyr - 5e promotion ESMIA
- 1950 - 1952 : EXTREME-ORIENT - 13e série - 137e promotion de Saint-Cyr - 6e promotion ESMIA
En 1951, le Commandement des Écoles de l'Armée de Terre et la "Strasse" estiment que l'amalgame entre "directs" et "semi-directs" n'est plus pertinent. Les premiers ont un meilleur niveau de culture générale, les seconds de culture militaire. Difficile dans ces conditions, de leur faire suivre un même cursus. Il est donc décidé, courant 1951 de dissoudre l'ESMIA et de créer deux EFOA (École de Formation des Officiers d'Active), l'ESM et l'EMIA. Il y a donc bien eu, à ce moment là, une scission, mais de très courte durée. En effet, très rapidement, cette scission est remise en question car il convient en pleine période de guerre d'Indochine de constituer un corps d'officier homogène. Ainsi, le 1° août 1952, soit à peine un an après sa dissolution, une décision ministérielle recrée l'ESMIA.
En 1951, la formation est à nouveau dissociée : l’école compte alors un bataillon semi-direct et deux bataillons directs.
- Le premier bataillon pour former les officiers d’origine concours direct (CD), en seconde année d'école;
- Le deuxième bataillon avec les élèves issus des corps de troupe (CT) nouvellement arrivés et qui ne resteront qu'un an à Coët avant de rejoindre les écoles d'application.
- le troisième bataillon comprenant les CD en première année , qui deviendra le premier bataillon en seconde année.
- Année de formation 1950 - 1951 (ancienne formule depuis 1947) : deux promotions cohabitent à Coëtquidan : la deuxième année de la promotion Garigliano (1° Bat ESMIA) et la première année de la pomotion 'Extrême-Orient" (2° Bat ESMIA).
- Année de formation 1951 - 1952 (période de transition) : deuxième année de la promotion "Extrême-Orient" (1° Bat ESMIA), première année de la promotion "de Lattre" semi-direct (2° Bat / EMIA), première année de la "promotion de Lattre" direct (3° Bat / ESM).
- Année de formation 1952 - 1953 (nouvelle formule) : deuxième années de la promotion "de Lattre" direct (1° Bat ESMIA), première année de la promotion "l'Union Française" semi-direct (2° Bat ESMIA), première année de la promotion "l'Union Française" direct (3° Bat ESMIA)
On peut donc facilement comprendre pourquoi les élèves de l'Extrême-Orrient qui ont vu leurs "bazars" de la "de Lattre" séparés en deux écoles en 1951 ont pu croire, sans revenir à Coëtquidan avant 1961, qu'ils étaient la dernière promotion avant la scission de l'ESMIA en deux écoles différentes. Confusion d'autant plus compréhensible que cette restructuration entre 1950 et 1952 s'est avérée assez complexe et chaotique (comme l'était d'ailleurs la période).
Les promotions ESMIA avec un 2ème bataillon qui suivèrent étaient :
- 1951 - 1953 : Maréchal DE LATTRE - 14e série - 138e promotion de Saint-Cyr - 7e promotion ESMIA
- 1952 - 1954 : Union Française - 15e série - 139e promotion de Saint-Cyr - 8e promotion ESMIA
- 1953 - 1955 : Ceux de Diên Biên Phu - 16e série - 140e promotion de Saint-Cyr - 9e promotion ESMIA
- 1954 - 1956 : Lieutenant-colonel AMILAKVARI - 141e promotion de Saint-Cyr - 10e promotion ESMIA
- 1955 - 1957 : Franchet d'Espèrey - 142e promotion de Saint-Cyr - 11e promotion ESMIA
À partir de 1956, les conditions d'admission à l'ESMIA évoluent. (Cf. page 334 et 336 de l'ouvrage du Colonel Michel CAMUS).
- 1956 - 1958 : Général LAPERRINE - 143e promotion de Saint-Cyr - 12e promotion ESMIA
- 1957 - 1959 : Terre d'Afrique - 144e promotion de Saint-Cyr - 13e promotion ESMIA
- 1958 - 1960 : Maréchal BUGEAUD - 23e série de l'EMS - 145e promotion de Saint-Cyr - 14e promotion ESMIA
- 1959 - 1961 : Lieutenant-colonel JEANPIERRE - 24e série de l'EMS - 146e promotion de Saint-Cyr - 15e promotion ESMIA
Le 13 septembre 1961, l'ESMIA disparait , en donnant naissance à deux écoles de formation autonome ayant chacune son nom, son drapeau et son uniforme : l'ESM de Saint-Cyr et l'EMIA.
L’EMIA reprend alors la devise de Saint-Maixent : "Le travail pour loi, l'honneur comme guide". La première promotion EMIA sera la promotion Capitaine Bourgin (1961-1962)
Note et droit d'auteur
Cette page d'histoire est en partie issue de l'ouvrage "Paroles d'Officiers" de la promotion ESMIA "Extrême-Orient". (page 15 et 16 par René et Louis Caron). Elle comporte également plusieurs clarifications de la part de Dominique Bonneau que nous remercions. Enfin, elle intègre également quelques informations publiées sur la page du site https://www.guer-coetquidan-broceliande.fr/bisto/coet/all-promos.html
Enfin, l'ouvrage "Histoire des Saint-Cyriens" du Colonel Michel CAMUS imprimée par Charles Lavauzelle en 1980 comporte de nombreuses informations sur cette pèriode de la page 284 à la page 356.
