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Promotion Garigliano
ESMIA / 1949-1951

12e série - 136e promotion de Saint-Cyr - 5e promotion ESMIA

Commandant de bataillon - Cba Jacques Florentin
Père Système - Slt Xavier Espieux
Major de promotion - Slt Jen-Marie Guichard

 

Effectif de la promotion

Effectif total : 519 élèves officiers - 278 « concours direct » + 241 « corps de troupe », les «I.A». Commandant de l'École : Général Bondis assisté du Colonel Pages, commandant en second. 62 anciens de la Garogliano tomberont au Champ d'Honneur en Extrême-Orient et en Afrique.

Chronologie de la promotion

  • 6 au 8 octobre 1949 : Intégration des 278 "Cyrards" (concours direct) à Coëtquidan.
  • 20 octobre 1949 : Départ pour le stage de cinq mois dans les Corps de troupe d'Infanterie. Les Cyrards vont suivre le même stage que le Contingent convoqué sous les drapeaux au même moment.
  • 6 mars 1950 : Amlgame des "Cyrards" de retour à Coëtquidan  avec le grade de Sergent et des élèves des Corps de Troupe qui viennent d'arriver. Tous ces élèves forment le 2e Bataillon composé de 5 Compagnies.
  • 6 juin 1950 : Remise des Casos des mains des Anciens. 
  • 30 juillet 1950 : Triomphe de la promotion "Général Frère" et baptême de la promotion "Garigliano".
  • 29 juillet 1951: Triomphe de la promotion "Garigliano" sur le Marchfeld et Baptême de la promotion "Extrême-Orient".

Comment le nom de Garigliano fut attribué à notre promotion

Vous souvenez-vous, mes camarades de la Garigliano, comment nous fut attribué ce nom glorieux ? À la fin de l'année 1949 ou au début de 1950, se posa la question du nom de baptême de la Promotion. On nous consulta, chacun écrivit sur une fiche le nom qu'il souhaitait ; je ne me souviens pas de tous les noms évoqués, mais l'un d'eux remporta de nombreux suffrages, celui de « Lt Colonel de Sairigné », magnifique héros de la France Libre qui venait de tomber en Indochine sur la route Saïgon-Dalat. Je doute qu'il y ait eu beaucoup de fiches Garigliano ! Quelque temps après, la décision du Commandement tomba : ce sera « Garigliano ». Surprise. Nous ne connaissions pas la campagne d'Italie de 1943-44. Elle était éclipsée par les souvenirs des combats de la Libération et de la campagne de France auxquels plusieurs d'entre nous avaient participé. Notre attention était aussi ardemment tournée vers les combats d'Indochine auxquels nous devions participer quelques années plus tard. Il nous fallut apprendre ce que fut cette campagne d'Italie de 1943-44. Vous en connaissez les grandes lignes . À l'automne 1943, les Alliés débarquent à Salerne, espérant monter rapidement le long de la péninsule italienne pour pénétrer dans le « ventre mou de l'Europe », comme disait Churchill.
Hélas, la progression est difficile : pays montagneux, automne très pluvieux, combat retardateur efficace des allemands. La ligne de défense allemande à hauteur de Cassino n' est atteinte qu'après Noël. Le Corps expéditionnaire français est mis sur pied en Afrique du Nord. Ses 100 000 hommes sont placés sous le commandement du général Juin. Il est intégré à la Véme Armée du général Clark. Au début, les Alliés n'ont pas grande confiance dans la valeur des troupes françaises, le souvenir de 1940 pèse encore. Mais en deux étapes Juin va renverser la situation.

Première étape, le Bèlvédère. En janvier, les français percent les lignes allemandes et prennent pied sur le promontoire du Bèlvédère au cours de terribles combats et s'y maintiennent quelques jours. C'est un beau succès ; Juin a démontré l'efficacité des troupes françaises et a gagné la confiance de Clark. Juin en effet proposera à Clark dans un mémoire du 4 Avril 1944 son plan pour la rupture des lignes allemandes. C'est ce plan qui sera retenu. Deuxième étape, Le Garigliano. L'offensive générale est lancée en mai. Le CEF est à l'aile gauche de la Vème Armée, sur les bords du Garigliano. L'attaque est déclenchée le 11 mai à la nuit. Alors que le Commandement allié prévoyait une percée du dispositif allemand par l'aile droite, ce sont les français, à gauche, qui créent la décision en s'avançant de plusieurs dizaines de kilomètres, provoquant le repli allemand et ouvrant la route de Rome. Victoire éclatante d'une très grande importance car elle marque le retour de la France dans la guerre. Il était donc évident qu'il fallait qu'une Promotion de Saint Cyr porte son nom. Ce sera la nôtre.

Revenons à Coëtquidan en 1950. Le Commandement décide de célébrer la victoire du Garigliano par une grande journée le 11 mai, anniversaire de l'attaque.
Nous passons la matinée à l'amphi. Les officiers du Cours d'Histoire Militaire de l'École retracent les opérations du CEF. Puis sur la scène se succèdent les héros de la campagne d'Italie : le général Bondis, le Colonel Labadie, le Colonel Gandoët héros du Belvédère, le Colonel Jannot, nos instructeurs le Capitaine Henry et le Lieutenant Féraud... Il y avait même l'officier de liaison allemand de l'École qui était sur la ligne Gustav en face des Français.
Chacun de ces officiers présente son témoignage sur les opérations auxquelles il a participé au sein du CEF.
C'est impressionnant. Moment le plus fort, peut-être celui où l'officier de liaison allemand dialogue avec les officiers français.
Et le soir de cette journée, Prise d'armes. Mais pas une prise d'armes en grand U ; prise d'armes en tenue de combat, cartouchières, équipement, armement complet, casque semblable à ceux que portaient les tirailleurs du CEF.

On nous lut l'Ordre du Jour du Général Juin, et de nuit, à 11 heures du soir, heure du déclenchement de l'attaque, le défilé commença tandis que derrière nous, les canons d'une batterie de 105 installés à la lisière du bois se mirent à tonner. Tout cela avait de l'allure. Nous étions fiers de recevoir bientôt le nom de Garigliano. La suite, vous la connaissez. Quelques semaines après, Baptême de la Promotion, en grand U cette fois. Le Père Système s'adresse au Général : «Mon Général, quel nom donnerons nous à cette Promotion ? » Et le Général de répondre : « Nous l'appellerons Promotion du Garigliano »

Pierre BILLARD
Bulletin N°113 - Déc.2013

 

Triomphe de la "Garigliano" par les élèves d'Olce et de Zélicourt - 29 juillet 1951

Extrait de la page 65 à 68 de la revue N°11 (Noël 1951) de l'Ecole Spéciale Militaire.

Diffusion avec l’aimable autorisation du Casoar

Le Casoar 224 Garigliano