Promotion Capitaine Bourgin
1961-1962
Effectif de la promotion Bourgin
À son arrivée à Coëtquidan, la 1e promotion de l'E.M.I.A. comptait 161 EOA admis au concours, dont 6 étrangers, et 18 étrangers n’ayant pas concouru, soit 179 au total.
Vie de la promotion Bourgin (extrait revue l'Epaulette N°200 page 43)
Les activités promo de la Bourgin ont réellement commencé en 1994. Jusque là, elle furent réduites au service minimum. Mis à part quelques réunions informelles entre camarades affectés en région parisienne, notre parrainage des 25 ans, en 1987, à Coëtquidan, la présence d’une délégation aux anniversaires décennaux de la mort du capitaine Bourgin, à St-Nizier-de-Fornas (Loire), en 1969 – 1979 et 1989, il ne se passa pas grand-chose pendant notre période d’activité ; la vie promo fut quasi inexistante.
Ce n’est que fin 1993, que l’actuel secrétaire promo, un peu dépité de voir ce capital d’amitié partir en déliquescence, décida de recoller les morceaux et de relancer une activité. En octobre 1994, après qu’un annuaire ait commencé à voir le jour, une première réunion fut symboliquement organisée à Strasbourg. Depuis, nous nous retrouvons chaque année, avec un plaisir sans cesse renouvelé, conscients aussi que, maintenant, les rendez-vous nous sont comptés. En 2017, au mois de septembre, nous étions à Orléans pour notre 24e rassemblement, dans une ambiance toujours aussi détendue, mêlant à la fois le sérieux, la décontraction et l’humour.
Au terme de notre période d’activité (1997 pour le dernier, le Com Gal DIV Jean Laurent), la physionomie de la promo s’établissait comme suit pour les 155 officiers d’origine métropolitaine et DOM-TOM : - 6 officiers généraux - 31 % de Col – 62 % de Lcl – 3,5 % décédés ou ayant pris une autre orientation.
L'EMIA il y a 50 ans, des débuts difficiles !
Il est également possible de retrouver un article intitulé "l'EMIA il y a 50 ans, des débuts difficiles !" rédigé par le colonel (ER) Bertrand Churlet, secrétaire de la promotion Bourgin et publié dans la revue L'Épaulette N° 174 page 25 publiée en août 2011.
(c) photos promotion Capitaine Bourgin
Cette promotion, la première de l'E.S.M.I.A. qui a pris pour nom "Capitaine Bourgin", officier au 2 ° R.E.P mort au combat en Algérie en 1959, a eu une naissance difficile. De 1951 à 1961 les élèves officiers issus du recrutement indirect, après leur année préparatoire à l’école de Strasbourg puis réussite au concours, formaient le 2e bataillon de Saint-Cyr à l’Ecole Spéciale Militaire InterArmes (E.S.M.I.A.) de Coëtquidan.
De 1947 à 1951 ils étaient amalgamés dans le même bataillon que les élèves issus du concours direct avec une scolarité de deux ans.
A ce titre ils étaient considérés comme des Saint-Cyriens de deuxième année en respectant les mêmes traditions, revêtaient leur grand uniforme (GU) dont le casoar et portaient le même nom de promotion. Ce système était dit de « l’amalgame » voulu par le Maréchal de Lattre pour que le corps des officiers se forge une âme commune.
Quelle ne fut pas la déception et la colère de la promotion ayant passé le concours en 1961 de se voir dire en arrivant à l’école, en septembre, qu’elle ne formerait pas le second bataillon de Saint-Cyr mais constituerait une nouvelle école nommée Ecole Militaire InterArmes (école qui avait existé à Cherchell en 44 et 45) alors que les résultats parus au Journal Officiel au cours de l’été indiquaient que la réussite au concours était au titre de l’E.S.M.I.A.
Pourquoi une telle décision du commandement ? La raison officielle semble être que les différences de niveaux scolaires (de l'ordre de 20% de bacheliers par promotions) et militaires (tous avaient le brevet de chef de section : B.A.1) étaient trop grandes pour que l’enseignement ne soit pas différencié.
Il faut bien également dire que les officiers issus du 2° Bataillon n’étaient ni ne furent jamais considérés comme de vrais saint-cyriens dès la sortie d’école. Les 2e Bat étaient plus âgés que les « directs » mais ils étaient aussi différenciés à l’annuaire, marqués « I.A. ». Certains lobbys devaient en outre agir pour augmenter cette différenciation.
En cette période plus que troublée et difficile pour l’Armée, conséquences du drame algérien et du putsch des généraux du mois d’Avril 1961, il est possible d'imaginer que l'élément déclencheur hâtif, de décisions qui étaient prévues, fut la crainte du gouvernement sur la fiabilité et la fidélité de ces anciens sous-officiers ou officiers de réserve qui revenaient tous d’Algérie et qui risquaient de "polluer" les jeunes Saint-cyriens.
Bizarrement, mais pour des raisons d’infrastructures, les deux écoles l’E.S.M.et l’E.M.I.A. restèrent sous un même commandement. Un bruit couru que l’E.M.I.A. aurait dû déménager. A Coëtquidan rien n’avait été vraiment prévu pour recevoir les élèves de cette nouvelle école : Ils sont hébergés dans des bâtiments vétustes du vieux camp en chambrées de plus de 50 très à l’écart de l’E.S.M. dont ils ont l’impression que tout est fait pour les séparer des saint-cyriens. Ce n'est qu'en cours d'année scolaire qu'ils iront occuper les bâtiments rénovés qui seront les casernements définitifs de l'EMIA tant que la nouvelle école ne sera pas construite. Ils n’ont pas de tenue de tradition particulière autre que la "Jaspée" tenue normale de sortie des officiers (la tenue bleue de cérémonie des officiers sera adoptée en 1966 et la tenue bleue actuelle en 1978). Ils reçoivent un paquetage prévu pour l’E.S.M.I.A. dont ils doivent rendre certains effets notamment le GU. Malgré la réprobation et les revendications des élèves de l’E.M.I.A., mécontents de cette séparation, et qui avaient le sentiment d’être dévalorisés la décision ayant été prise et il n’y aura pas de retour en arrière.
Une idée de démission collective est alors lancée mais cette idée est loin d’être acceptée par tous les élèves. De plus on leur laisse entendre que les démissions à titre individuel risquent fort d’être acceptées. De même un recours devant le Conseil d’Etat un moment envisagé ne fait pas l’unanimité.
Ce manque de cohésion du moment est dû au fait que déjà à Strasbourg, la promotion s’était divisée du fait des événements d'Algérie et qu’à Coëtquidan cette division a été accentuée à la suite de la décision de la séparation des écoles.
En résumé le moral était loin d’être au beau fixe et les relations entre les responsables de la promo et la hiérarchie demeurèrent longtemps assez tendues.
Puis, peu à peu, la raison l’emporta, la calme autorité du directeur de l’E.M.I.A., le chef de bataillon Verguet, un glorieux légionnaire parachutiste, le bon sens du major de promo Ancel, les premières traditions trouvées par les « fines » (élèves chargés des traditions), dont la prière de l'E.M.I.A. créée par Bernachot, firent que les choses se calmèrent, les divisions s'atténuérent et que les regards se tournèrent vers l’avenir à construire. Le 6 novembre le Premier Ministre Michel Debré remettait le drapeau (celui de l’E.M.I.A. de Cherchell) à la nouvelle E.M.I.A..
C’est ainsi que cette nouvelle école vit le jour, un peu au forceps, et dont la création aurait pu bien se passer si la décision avait été annoncée soit en début d’année préparatoire à Strasbourg, soit reculée d’un an. Car en définitive ce qui heurta le plus les esprits c'est moins le principe de la réforme que la manière et l’instant choisi pour l’annoncer.
Note et droit d'auteur
Les informations publiées sur cette page proviennent du blog de la 4e promotion EMIA, la promotion Zirnheld. Elles sont reprises sur cette page afin de préserver la mémoire de la première promotion de l'EMIA sur le site des Promotions EMIA. Des extraits de revues l'Epaulette permettent également d'alimenter cette page.
