Promotion "Victoire"
Juillet 1945 - décembre 1945
1e promotion d'élèves officiers
sur le sol de France en 1945
6e série de l'Ecole Militaire Inter-Armes
Coëtquidan

Effectifs et origines de la promotion
La 1e promotion EMIA qui a séjourné à Coëtquidan de juillet à décembre 1945 comptait 2989 élèves en juillet 1945, 2286 le jour de l'examen en décembre, parmi lesquels 1747 ont été nommés officiers ou aspirants. 806 dans l'Infanterie, 367 dans l'Arme Blindée Cavalerie, 204 dans l'Artillerie, 55 dans les Forces Terrestres Anti-aériennes, 130 dans le Génie, 110 dans le Train et 75 dans les Transmissions.
La promotion Victoire comptait une grande diversité d'origines : Saint-Cyriens de 4 promotions (1940, 1942,43 et 44), officiers, sous-officiers engagés volontaires, déportés, combattants de la Résistance, chantiers de jeunesse, ... L'étalement des âges allait de 17 à 34 ans. Le plus jeune était né en 1927, le plus agé en 1911.
La promotion "Victoire"
C'est la première promotion de Coëtquidan. Auréolée de la gloire retrouvée de nos armes, du rang de la France qui compte parmi les vainqueurs, ayant, déjà, payé un lourd tribut à la guerre achevée, elle porte le beau nom de "Victoire".
Tous ceux qui, dans les premiers jours de 1945, rallient le camp aujourd'hui célèbre, sur cette terre de Bretagne parcourue par l'histoire, ont servi au feu. Ils viennent de tous les coins de France et d'Allemagne. Les plus anciens d'entre eux avaient combattu en 1940, refusé l'étrange défaite, rejoint la France libre. D'autres, s'étaient joints à la France combattante. Certains d'entre eux avaient connu la résistance et les maquis. La marche glorieuse des régiments de la 2ème division blindée et de la 1ère armée en avait recueilli de nombreux au cours de la libération.
Il y avait là tous les grades, du deuxième classe au sous-lieutenant. Toutes les origines, aussi. Toutes les carrières, enfin. Tous ces soldats français qui seraient tous, un jour, officiers de France. Ensemble, ils avaient combattu, ils avaient résisté et finalement ils avaient vaincu. Ils étaient réunis pour servir et s'instruire : c'était un bien noble idéal, digne des plus hautes traditions de l'Armée.
Installés dans un camp qui n'offre, alors, que des installations rudimentaires, confrontés aux restrictions du temps mais aguerris par les campagnes qu'ils ont livrées, ces jeunes soldats pleins d'enthousiasme vont recevoir une instruction militaire à la fois accélérée, pratique et adaptée à de futurs chefs de section et de peloton : la guerre en Europe est achevée, mais le conflit dure en Asie et l'Indochine les appellera bientôt.
Leur foi dans les destinées du pays n'avait pas faibli. Leur vocation était intacte. Ils surent retrouver, conforter et illustrer les belles traditions de leurs grands anciens. Ceux de la promotion "Victoire" ne s'y trompaient pas : au soir de la reconstitution de la bataille d'Austerlitz, ils affirmaient la présence, la pérennité et le panache de Saint-Cyr, sur la lande bretonne. La reconquête de leurs traditions était une revanche sur des années de feu et de sang. Elle était, aussi, une revanche sur eux-mêmes. Elle portait, enfin, les espoirs de la France de 1945.
De cette France de l'immédiat après-guerre, ils ne connurent ni les crises politiques, ni les difficultés de la reconstruction, ni les progrès techniques et matériels. Ils étaient, déjà, partis loin de chez nous. La longue et sanglante période des luttes de l'Indochine et de l'Algérie avait commencé. Ils y furent, tous, le plus souvent plusieurs fois. Ils y défendirent ce qu'ils croyaient juste. Ils payèrent un très lourd tribut à la fin tragique de cette plus grande France, de cette France d'au-delà des mers, dont Dièn Bièn Phû avait sonné le glas.
La promotion "Victoire" a connu un destin exceptionnel. Ce destin, il est à l'image de l'armée française tout entière, de l'armée de notre temps aussi, qui sait comprendre et conserver celles de ses belles traditions qui forgent son esprit et élèvent son âme. De 1945 à aujourd'hui, le souffle de la victoire est demeuré intact, et l'ardeur de ces officiers d'hier se retrouve dans le regard de ceux d'aujourd'hui. Pour le respect des lois de la République, l'obéissance aux règlements militaires et le succès des armes de la France, ils servent notre pays. La République sait ce qu'elle leur doit : honneur donc, pour aujourd'hui et à jamais, à la promotion "Victoire" !
François LEOTARD, ministre de la Défense - Paris le 10 mars 1995
Les Anciens de la VICTOIRE qui ont donné leur nom à une promotion d'élèves-officier de l'EMIA
- Bernard de LATTRE de TASSIGNY - 24e promotion EMIA - 1984/1985
- Henri LECLERC de HAUTECLOQUE - 22e promotion EMIA - 1982/1983
- Charles LHUILLIER - 25e promotion EMIA - 1985/1986
Morts pour la France
La promotion Victoire compte 220 officiers morts pour la France (206) ou en service (14).
- Morts pour la France au cours du stage à Coëtquidan
- Morts pour la France en Indochine
- Morts pour la France en Algérie
- Morts pour la France en Tunisie
- Morts pour la France à Madagascar
- Les morts en service.
Ne les oublions jamais.
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Télécharger le In Memoriam de la promotion "Victoire"

Crédit photo : L’Épaulette n° 177 - 50e Anniversaire de L’EMIA - Juin 2012
