Promotion Ceux de Diên Biên Phu
1953-1955
16e série - 140e promotion de Saint-Cyr - 9e promotion ESMIA
Commandant de bataillon - Cba Xavier Bouchard
Père Système - Slt René Thil
Major de promotion - Slt Guy Derogis

Stèle inaugurée à Coëtquidan le 8 avril 2006 par la promotion “Ceux de Diên Biên Phu”
En hommage aux 15 000 combattants de DIÊN BIÊN PHU qui ont lutté héroïquement du 13 mars au 7 mai 1954 pour l’honneur des Armes de la FRANCE. A la mémoire des 4 500 d’entre eux tués ou disparus et des 6 000 morts en captivité entre le 8 mai et le 31 août 1954 sur les pistes et dans les camps de prisonniers. FUTUR OFFICIER, SOUVIENS-TOI
Efectif de la promotion
La promotion comptait 696 élèves officiers dont 349 issus du concours direct, 342 issus des Corps de Troupe et 5 étrangers.
Contexte historique
Le 7 mai 1954, après presque deux mois de combats acharnés, les troupes françaises du général De Castries sont défaites par les forces Viet Minh du général Giap. Cette bataille signe la fin de la guerre d'Indochine avec les accords de Genève signés en juillet 1954, qui séparent le Vietnam en deux entités.
Bataille la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale, Diên Biên Phu est un épisode emblématique des guerres de décolonisation. La défaite française, et le sort terrible des prisonniers dans les camps Viet Minh, marqueront durablement la population française. L'année de la bataille, ce qui est alors l'École Spéciale Militaire Interarmes fait le choix de prendre comme nom de promotion Ceux de Dien Bien Phu pour rendre hommage aux combattants français.
Texte Musée de l'Officier - publication Instagram
Nom de la promotion
Nous étions 684 à Coëtquidan, un petit matin d'octobre 1953, 1er bataillon « concours direct » et 2e bataillon « corps de troupe », tous cyrards. Nos lieutenants, chefs de section, revenaient d'Indochine, Légion d'honneur gagnée au feu. Ils nous disaient le désastre de la RC4, l'hécatombe des cadres de contact, le sursaut impulsé par de Lattre. Nous étions en Indochine, par anticipation. Avec une telle perspective immédiate et en « crapahutant » jour et nuit, on devient vite de bons soldats. La « pompe », c'était pour souffler un peu, les conférences, pour dormir... Diên Biên Phu tombe le 7 mai 1954. Nous en avons suivi l'agonie, jour après jour, les larmes aux yeux. La promo veut s'appeler Diên Biên Phu ! Après d'âpres négociations avec « la Strasse », ce sera Ceux de Diên Biên Phu. Nuance ! Par leur silence, les anciens d'Indochine nous montrent ce que peut être la colère rentrée du soldat.
1er novembre 1954, début de la guerre d'Algérie. Le 1er bataillon est en deuxième année de Coët, le 2e bataillon est en école d'application. Ce décalage d'un an sera longtemps le problème majeur pour la cohésion de la promo. La fusion se fera en 1970, à la satisfaction de tous. De 1955 à 1962, la promotion fait la guerre en Algérie, une guerre de capitaines et de lieutenants. Au début, c'est exaltant : l'Algérie, c'est la France. Il faut gagner cette guerre. C'est ce que nous avons fait. Mais la victoire est amère, cauchemardesque après l'indépendance, le 5 juillet 1962 : un million de pieds-noirs exilés, 70 000 harkis assassinés. De Gaulle a joué avec nous, il nous a trompés. Nous sommes « sonnés », comme le furent nos anciens d'Indochine. Plusieurs camarades sont en prison ou en exil. D'autres quittent l'uniforme. La tristesse et la colère, c'est notre tour. Retour « à la maison », pour trois décennies de guerre froide, égayées, pour les plus chanceux, par quelques « escapades » en Afrique et au Moyen-Orient. La guerre froide, c'est un peu le désert des Tartares, en plus verdoyant.
L'armée française est en réserve de l'OTAN. On se prend au jeu, comme de grands enfants, on s'entraîne, on y croit : le Pacte de Varsovie, ce n'est pas rien ! Le mur de Berlin s'écroule le 9 novembre 1989. Avec nos alliés, on a gagné la guerre, la plus belle des victoires, sinon la plus exaltante, celle obtenue sans tirer un coup de canon. C'est Sun Zi qui l'a dit.
Le temps est venu pour nous de quitter la scène, mission accomplie. Nos jeunes vont faire d'autres guerres, dans un contexte totalement différent. Des nôtres, ils tireront peut-être quelques leçons. Avec le départ en retraite, la promotion s'est consolidée, resserrée, structurée, sous la houlette de quelques camarades, au premier rang desquels Christian de La Chapelle, mort en 2014, secrétaire-président pendant cinquante ans. Il fut l'âme et la mémoire de la promotion. Tous les ans, nous tenons assemblée et publions un bulletin ; tous les deux ans nous organisons un voyage à l'étranger, treize au total.
En 2005 nous avons édité un beau livre illustré : « Des officiers à la croisée des chemins », titre qui nous a paru bien résumer notre parcours entre deux époques, pour ne pas dire entre deux mondes.
En 2006, à l'occasion de notre cinquantenaire, nous avons inauguré à Coëtquidan une stèle en hommage aux 15 000 combattants de Diên Biên Phu, dont 4 500 tués ou disparus et 6 000 morts en captivité. Nous gardons des liens étroits avec les survivants de cette bataille.
En 2010 enfin, nous avons réalisé un Mémorial, brochure en hommage à nos 51 camarades morts pour la France en Algérie, relatant pour chacun d'eux le cours de sa courte vie et les circonstances de sa mort.
Certes, nos rangs se resserrent au fil des ans : les morts sont aujourd'hui plus nombreux que les vivants. Mais, riches de ce que nous avons vécu, forts de notre cohésion, nous continuerons à porter témoignage, jusqu'au bout du chemin.
Le Bureau de promotion
Calendrier
- 01/10/1953 - Arrivée des élèves à Coëtquidan.
- mars et avril 1954 - Voyage à Brest et à Paris.
- 28/03/1954 - Depôt gerbe sur la tombe du soldat inconnu
- 31/03/1954 - Gala à l'Opéra et bal à l'Hôtel Continental
- 03/04/1954 - Messe du Souvenir à la Chapelle des Invalides
- 07/1955 - Triomphe de la promotion "Ceux de Diên Biên Phu" et baptême de la promotion "Lieutenant-Colonel AMILAKVARI"
- 06/08/1955 - Prise d'1rmes d'adieux sur le Marchfeld.
Photos souvenirs de la promotion
