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Promotion Indochine
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Effectif de la promotion

La promotion INDOCHINE a compté jusqu'à 2354 élèves présents en même temps sur le site du morbihan. Il s'agit de la 7e et dernière série de l'école de CHERCHELL, également considérée comme la seconde promotion EMIA à Coëtquidan  et la dernière promotion EMIA avant la mise en place de l'ESMIA. Elle est arrivée le 1er mars 1946 à Coëtquidan pour suivre les cours de la 7e série de l'Ecole militaire interarmes et accéder à l'epaulette un an après. Les postulants consistent, pour une première part, en redoublants de la 6e série, pour raison de santé ou pour niveau de formation militaire jugé insuffisant. Ce second motif est très compréhensible. La promtotion "Victoire" a passé à peine cinq mois à Coëtquidan dans le cadre d'une formation presque uniquement militaire; pour les plus jeunes, peu expérimentés, il était souvent difficle de rattraper le niveau des plus anciens, qui avaient déjà combattu. La deuxième source  comprend les saint-cyriens des trois promotions 1942, 1943 et 1944 - la dernière jumelée avec le concours d'entrée à HEC - qui pour diverses raisons : déportation, opérations, etc., n'ont pu suivre les cours de l'école Cherchell ou ceux de la 6e série. Sont rattachés à la "44" certains élèves issus des pelotons préparatoires, titulaires du baccalauréat mathématiques élémentaires, qui ne sont pas allés en corniche en raison de leurs activités militaires. Le troisième recrutement, numériquement le plus important, englobe les sous-officiers et les hommes de troupe figurant dans le liste d'admission N° 306 EMA/3E  du 11 janvier 1946, émanant de l'état-major de l'armée de terre. Ell inclut 1421 candidats en provenance de toutes les armes, 19 récupérés de la 6e série, 110 candidats  appartenant au CEFEO admis à suivre les cours en Indochine, à Dalat, et 23 candidats des troupes aéroportées en surnombre.

Extrait du livre 'Promotion INDOCHINE' Page 105  par Guy DIsant

Notre promotion par le général d'armée Wilfrid Boone.

Cette « sacrée promo », comme l'appelait son instructeur en chef, le futur général Gandoët, pour nous le héros du Belvédère, c'est son avenir qu'elle portait dans son nom : Indochine. Avant même d'exister, la Promo avait eu un passé militaire, avec la campagne de 1940 pour les plus âgés, suivie de la résistance en métropole, et parfois la déportation ou la captivité, puis la guerre encore, en Afrique, en Italie, en France, en Allemagne, en Asie... Elle avait connu les camps de concentration, allemands ou japonais, comme elle connaîtrait plus tard les camps viets, encore plus cruels si c'est possible. A Coëtquidan, on ne l'a guère ménagée : l'élimination en cours de stage fait passer l'effectif de 2 500 à moins de 900, sans parler de la casse, sur des parcours du combattant qu'il lui fallait « tester » ou pendant les exercices de combat, effectués bien souvent à tir réel. Dès la sortie des écoles d'application, la Promo est partie se battre pour ce qui était encore l'Empire français, en Asie ou en Afrique, comme à Madagascar, partout où la France le lui a demandé. Pour commencer, ce ne pouvait être que l'Extrême-Orient, d'abord et surtout. Là-bas, nous avons retrouvé ceux de Dalat. Les événements les avaient dispensés d'école d'application. On les avait jetés dans la bagarre sans plus attendre : ça urgeait ! Ils l'ont payé cher. En Indochine, la Promo à lutté, loin de tout, loin de tous, loin d'une France qui semblait l'oublier et qui, parfois, l'a reniée. Peut-on oublier, surtout dans les dernières années les munitions, les matériels sabotés, avec le petit tract injurieux, signé des saboteurs ? Peut-on oublier nos blessés attaqués à leur retour, sur les quais des ports ou des gares de leur patrie ? Peut-on enfin oublier ce peuple indochinois, si attaché, si attachant, abandonné dans un retrait qui résultait d'un pari insensé, insane, sur le temps ? Peut-on oublier ce million de Tonkinois, un sur cinq, qui a fui le Vietminh par tous les moyens, dans l'indifférence de tous ? A la Promo, l'Indochine a coûté une centaine des siens. Elle y a laissé tout son coeur ! Quand l'Indochine a été finie, la Promo a continué à se battre en Afrique française du Nord. C'était plus près. C'était moins isolé. On partait pour gagner. Certains disent qu'on a gagné. On a tout lâché. Dans la Promo, d'aucuns en ont été révoltés. On les comprend ! Il suffit, pour saisir, de regarder ce qui se passe au Vietnam comme en Algérie depuis notre départ, ou de lire ces mémoires « de braise » de notre camarade Hélie de Saint Marc. Rentrée pour l'essentiel en métropole, la Promo a connu les changements, les restructurations, les « déflations » ; mais les réductions d'effectif, on avait appris ça dès l'École ! Pour finir, comme toutes les promos, par une retraite parfois fort active, pour ceux qui sont passés entre les gouttes. Depuis le séjour de la Promo, notre École a changé. Mais son objectif est le même : « fabriquer » les officiers de demain, les préparer aux missions futures, pour la défense de la France. Des missions à remplir dans l'honneur, dans le respect de l'homme et de la vie. Ce n'est jamais simple, c'est parfois difficile. La promo en sait quelque chose. Il est même parfois périlleux de saisir ce qu'il faut faire. Parce que l'armée aussi a changé, et les circonstances ! Alors, à tous ceux qui liront ces lignes et qui ont encore l'avenir devant eux, il faut répéter ce que disait M. de Turenne : « Dans les périodes difficiles, il est plus ardu de savoir où est son devoir que de l'accomplir. » Servir, dans une « mission de paix », demain, c'est cumuler les difficultés. A qui devra déterminer où est le devoir, comment garder l'honneur, et toujours servir la patrie, il faut souhaiter beaucoup de courage et de discernement.


Général d'armée Wilfrid Boone - Extrait page 3 & 4 du livre "Promotion Indochine"

 

Un petit co dans chaque poste.

L'instruction reçue à Coëtquidan a pour premier objectif de nous préparer à un nouveau type de campagne et l'un de ses axes réside dans la solidarité interarmes. Sur le terrain, l'Indochine va se trouver quadrillée, je dirai même entre les mains des lieutenants de la 6e et de la 7e promotion. A titre d'exemple, au 6e bataillon colonial de commandos parachutistes, 6e BCCP, nous serons dix-sept petits cos ; aux deux BEP, avec qui nous oeuvrerons souvent, vingt-quatre... En opération, nous retrouverons des camarades partout. Quand nous recevrons un DLO, ce sera un petit co, de même pour l'observateur aérien. Des camions nous transporteront-ils, le chef de la rame sera de la « 7 ». Lorsque nous bénéficierons de la protection de blindés du REC, le peloton sera commandé par un ancien compagnon de chambrée. Une ouverture de piste ou la traversée d'une rivière par le génie ? Nous retrouverons une tête connue. Les sections de transmission, idem... Quand nous arriverons dans un poste en haute région ou au milieu des rizières du delta, aucun problème d'accueil : le soir on évoquera « en famille » les pointes d'effort de Coêt. Mon chef de corps, dont je serai l'officier de transmissions, prendra vite l'habitude de m'appeler quand un problème se posera : - Voyez donc si, par hasard, il ne serait pas de votre promo... Et, de ce fait, tout s'arrangera. Au deuxième séjour, nous nous retrouverons les mêmes, et souvent dans les mêmes secteurs, toujours lieutenants pour la plupart mais ayant généralement des fonctions de commandant de compagnie ou équivalent. Nous aurons toujours le même esprit et les mêmes objectifs, aussi jeunes et aussi gamins qu'à Coët. N'oublions pas le Val-de-Grâce, dont je serai un temps le locataire. J'y rencontrerai un certain nombre de petits cos, toujours aussi facétieux... et prêts à repartir. En Algérie, nous aurons grandi et porterons trois galons dans le djebel ou dans les services ; l'esprit de mission n'aura pas changé. Plus tard, dans les années 1970, après vingt-huit ans de carrière, je ferai mes premières armes en état-major de division. Lorsque j'accompagnerai mon général dans les corps de troupe, il se trouvera que la plupart des chefs de corps, là encore, seront de la promo...

Jean-Pierre Valdant

Photos souvenirs

 
© Promotion Indochine - Album Photo Claude LAURENT † 10/05/2022
Cet album photo nous a été prêté par Patrick BLAIN auteur du livre le 6e BCCP - de la France à l'Indochine 1948-1951que nous remercions pour nous avoir donné la possibilité de partager avec vous ces photos.
 
 
 
 
 
Photos  ©Promotion Indochine