École militaire de STRASBOURG
22e série - 1958-1959
Le futur 2e Bataillon de la promotion Maréchal Bugeaud
Début septembre 1958, les candidats reçus au concours direct arrivaient à Coëtquidan et constituaient le troupeau galipoteux du 3° Bataïllon qui, un an plus tard, formera le 1° Bataillon de la brillante promotion Maréchal Bugeaud. A la même époque, fin août début septembre 1958, venant de toutes les garnisons de France, d'Allemagne; d'AFN et des « Colonies », arrivaient à l’École Militaire de Strasbourg les candidats qui pendant un an allaient suivre les cours du Peloton Préparatoire à l’École Spéciale Militaire InterArmes. Ils n'avaient qu’un seul objectif : réussir le concours Corps de Troupe et constituer le 2° Bataillon de la promotion Maréchal Bugeaud.
Dans un bâtiment de les candidats militaires de la Corniche Kléber. En octobre 1958 l’école prenait son nom définitif d’École Militaire de Stras bourg et était commandée par le colonel Decomps. En principe la formation commençait par des cours par correspondance au sein des corps de troupe mais compte tenu des évènements d'Algérie, nombre de candidats n'ont pas suivi cette formation initiale. Les sous-officiers titulaires du brevet de chef de section ou de peloton qui avaient satisfait au concours d’entrée au PPESMIA étaient affectés à l’École Militaire de Strasbourg où pendant un an, ils se consacraient uniquement à la préparation du concours d’entrée à Coëtquidan.
Promotion capitaine Georges Trinquand
Comme il se doit dans toute école militaire, chaque promotion prenait le nom d’un ancien particulièrement valeureux. La 22° promotion du PPESMIA a pris le nom de Promotion capitaine Georges Trinquand. Engagé volontaire pour la durée de la guerre en août 1944, Georges Trinquand était admis à l'ESMIA en 1946 et choisissait l'infanterie. Après un séjour en Indochine où il était cité à deux reprises à l’ordre de la Division, il était affecté à l’École des Sous-officiers de Strasbourg où pendant quatre ans il commandait une brigade du PPESMIA. Affecté en , Algérie en 1957, nommé capitaine en avril 1958, il était blessé et une nouvelle fois cité à l’ordre de la Division. Le 18 octobre 1958, il tombait face à l'ennemi au Djebel Oum El Alou dans le secteur de Frenda.
L'origine des élèves en PPESMIA
Les origines et les âges des stagiaires étaient très divers. Certains, après plusieurs échecs en corniche, tentaient une voie parallèle. D’autres, officiers de réserve, avaient une vocation tardive et ayant démissionné de leur grade, étaient sergents d’active. D’autres enfin, les plus nombreux, étaient des sous-officiers parmi les mieux notés qui tentaient de devenir officiers. Les âges allaient de vingt deux à près de trente ans, la moyenne étant de vingt cinq ans. Il en résultait que les débuts de carrière avaient également été très divers. Certains avaient fait l’Indochine, d’autres l'Algérie ou un séjour outre-mer, tandis que les plus jeunes n’avaient que peu de temps en corps de troupe. Ces différences allaient très rapidement s’estomper car il fallait momentanément oublier le passé pour ne voir que l'avenir et plus précisément la préparation du concours.
Régime de l'école
Le régime de l’école était celui de l’internat. Nous pouvions sortir le mercredi soir pendant deux heures après les cours. Le samedi était réservé aux travaux d’intérêt général et aux revues. Nous étions libres du samedi, dix-huit heures, jusqu’au lundi matin mais il fallait une permission pour quitter la garnison.
La citadelle et les bâtiments
Les élèves étaient répartis en six brigades à deux sections, En cours d'année, était créée une septième brigade composée de sous-officiers de souche nord-africaine qui devaient préparer les Écoles d'armes. Alors que nous étions 480 le 1° septembre 1958, après un premier écrémage à la fin du premier trimestre nous étions 424 à présenter le concours d’entrée à l'ESMIA. Nos jeunes camarades habitués au luxe de l’école ultra moderne de Coëtquidan actuelle ne peuvent pas imaginer l'état de l'Ecole Militaire de Strasbourg à cette époque. Le confort y était pour le moins spartiate. D'ailleurs, un an après notre départ, l’école était transférée à la caserne Stirn et les bâtiments de la citadelle étaient rasés. La citadelle était une vieille caserne du xrx° siècle qui avait vu défiler des générations de bidasses et qui, malgré de nombreuses couches de peinture, sentait toujours la vieille caserne. Quatre bâtiments étaient principalement fréquentés par les élèves. Cinq si on compte la prison qui était à notre disposition lorsqu'elle n’était pas occupée par des détenus soupçonnés d’avoir des liens avec le FLN et qui étaient gardés par des CRS. Un grand bâtiment de plusieurs étages, tout en longueur, longeait la rue de Verdun. Les fenêtres avaient des vitres en verre dépoli et étaient munies de barreaux d’une solidité à toute épreuve. C’était le bâtiment des chambres et des salles d’études. Nous étions douze par chambre et l’'ameublement était des plus rudimentaires. Un lit métallique de troupe et une armoire métallique pour séparer du lit du voisin. Les sanitaires étaient d'époque. Des sortes d’auges en pierre surmontées d’une batterie de robinets délivrant de l’eau à volonté mais froide. À Strasbourg, en plein hiver, il faut être courageux pour faire une toilette complète à l’eau froide. Un deuxième bâtiment était celui des salles de cours. Le troisième bâtiment était le réfectoire. Le restaurant des deux écus. Je ne sais plus s’il y avait une ou plusieurs salles. Je me souviens d’une grande salle, généralement bruyante, où était servie une nourriture abondante et généralement correcte. Dans le quatrième bâtiment se trouvaient le foyer et quelques services.
Les professeurs
Les professeurs étaient soit des civils, soit des officiers. En général très compétents, même si quelques uns étaients assez surprenants. Je me souviens en particulier de notre professeur de géographie qui a passé la moïîtié du premier trimestre à nous décortiquer l'Alsace et le massif vosgien. Notre professeur de maths, Monsieur Back, n’envoyait pratiquement jamais personne au tableau, Avec un accent alsacien très prononcé, il disait prenez un quart de feuille de papier et répondez à telle question. Au bout de dix minutes il ramassait quatre feuilles qu'il notait pour le cours suivant. Un professeur a été apprécié de tous. C’était le Capitaine Lorzillon, futur général. Professeur d’histoire, il faisait des cours d’une clarté remarquable et nous a fait un exposé de la bataille d’Austerlitz qui reste dans toutes les mémoires.
Contenu des cours
Les cours comprenaient une grande partie de culture générale et un complément de formation militaire. Le niveau n'était pas très élevé mais la difficulté provenait du fait qu’au concours d’entrée à l’'ESMIA, les coefficients des matières scientifiques et littéraires étaient à peu près identiques. Il ne suffisait pas d’être brillant en sciences ou en lettres, il fallait être moyen supérieur en tout.
L'ambiance
L'ambiance était très différente de celle de Coët et s'apparentait plus à celle d’un internat de lycée. Peu de relations se sont liées à Strasbourg entre élèves qui n'appartenaient pas à la même brigade.
Note sur l'auteur.
Les paragraphes de cette page sont des extraits de l'ouvrage "Le Cinquantenaire - Promotion Maréchal BUGEAUD " - Auteur du contenu extrait : Georges BUTOR ✝ 12/02/2017.
Album souvenir de la PPESMIA de la Bugeaud

