Conntable Du Guesclin - Promotion EMIA 6
capitaine Legrand - Promotion EMIA 27
Lieutenant Nungesser -  - Promotion EMIA 54
Colonel Michel Vallette d'Osia  - Promotion EMIA 55
Lieutenant-colonel MAIRET  - Promotion EMIA 56

59 Alpes59e promotion de l'EMIA - Armée des Alpes

La 59e promotion de l'Ecole Militaire InterArmes (E.M.I.A.) a fait sa rentrée aux Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan en août 2019. Suivez son actualité sur le site des Promotions EMIA.

La 59e promotion compte 101 élèves dont 10 élèves du cops technique et administratif (cta), 81 élèves officiers, 7 filles (dolottes et cta confondues), 10 élèves officiers étrangers. 

Actualité de la Promotion 59 de l'EMIA

  • 22/07/2020 : Triomphe - La 59e promotion de l' EMIA portera le nom de  "Armée des Alpes

Depuis l’Antiquité et que la France a son histoire j’ai été à l’avant-garde du combat pour la liberté et le rempart naturel protégeant son sol et sa population.
J’ai vu passer les éléphants d’Hannibal et les combattants du Piémont. Je me dresse fièrement, sommets enneigés et vallées verdoyantes depuis la nuit des temps.

1940, année de deuil pour la France et pour nos armes. Pourtant, nombreux furent ceux qui firent leur devoir jusqu’au bout, et 90 000 soldats français sont morts en quelques semaines.

Au sein de cette défaite il est cependant quelques victoires éclatantes. Ainsi, sur le front des Alpes, l’ennemi ne passa pas. L’Italie, entrée en guerre le 10 juin 1940, subit, face à une petite armée française, commandée par le général OLRY, un indéniable revers et fût repoussée sur toute la ligne de front.

Quand l’Italie déclare la guerre à la France le 10 juin 1940, je sentais que la partie est était déjà jouée sur le front du Nord-Est. Toutes les divisions alpines d’active et de première réserve ont quitté mes vallées et mes plateaux dès l’automne 1939 pour rejoindre le gros de l’armée française le long de la ligne Maginot face à l’Allemagne. Il ne nous reste plus dans mes plis et sur mes cols que 3 divisions d’infanterie de série B (réservistes assez âgés), 86 sections d’éclaireurs skieurs (SES), 49 bataillons alpins de forteresse (BAF) et 68 groupes d’artillerie, aux ordres d’un chef énergique - et artilleur - le général OLRY.

Ensemble nous formons l’Armée des Alpes, forte de 85 000 combattants et nous allons devoir faire face à environ 300 000 soldats italiens de valeur inégale. Nos troupes françaises, en revanche, sont de grande qualité. Nous sommes les éclaireurs-skieurs l’élite des troupes alpines à la résistance physique et aux qualités manœuvrières sans pareille.
Nous sommes les réservistes, tous des montagnards gaillards et endurcis, qui voulons coute que coute défendre nos cols et nos vallées, nos fermes et nos villages.
Au début des hostilités, nous observons les Italiens poussant leurs “pions”, installant leurs postes jusqu’en territoire français.

Enfin, le 17 juin, de Nice à Chamonix, ils passent à l’offensive.

J’ai vu des combats féroces. Ne pouvant citer tous ceux de nos camarades qui le méritent, nous retiendrons deux exemples emblématiques. Nombreux sont ceux qui mériteraient que je relate les exploits dont j’ai été témoin mais je préfère laisser la mémoire de deux d’entre eux les évoquer.
Je suis le lieutenant Etienne MIGUET, chef de section de tir au 154e régiment d’artillerie de position. Le 20 juin les italiens ouvrent le feu sur nos positions – le Gondran, l’Infernet et les Trois-Têtes. Malgré l’été naissant, la météo était exécrable rendant impossible le réglage de nos tirs. Or je dois réussir à faire taire cette artillerie italienne du fort de Chaberton, surnommé le « Cuirassé des Nuages » culminant à plus de 3000m d’altitude. Le 21 juin dans la matinée une éclaircie providentielle me permet de déclencher quelques coups. Dans l’après-midi notre duel reprend et, bien renseigné par mes observateurs, le sous-lieutenant Fouletier fait mouche à 3 reprises touchant 3 des 8 tourelles ennemies. Jusqu’à 20 heures, nous rendons coup pour coup et, en adaptant ingénieusement nos tables de tir, nous parvenons à neutraliser le Chaberton !
Je suis le sous-lieutenant Charles Gros, chef de section au 96e bataillon alpin de forteresse, et ce même 20 juin, alors que résonnent dans les hauteurs les combats d’artillerie, l’ennemi italien tentent un passage en force du poste frontière fortifié de Pont Saint-Louis. 2 de mes chasseurs, Guzzi et Petrillo, repoussent le premier assaut au fusil-mitrailleur. Très rapidement l’ennemi est en sur nombre et je demande l’appui du petit canon servi par l’équipe du sergent Bourgoin pour leur barrer le passage. Les italiens tentent un débordement par le Nord de ma position tout en maintenant leur pression sur l’avant-poste où l’on se bat à la grenade. 4 jours durant nous subissons les assauts incessants de l’ennemi mais je bénéficie heureusement du soutien des canons de 75 de Cap Martin. Je veux tenir mon verrou à tous prix et contenir cette 5e division d’infanterie italienne qui tient les crêtes aux alentours de Menton. Ma mission est remplie lorsque j’apprends le 25 juin que l’armistice est signée mais je ferai tenir la position encore 2 jours. Je fus gratifié d’une citation du général Olry commandant notre armée.
J’ai tremblé pendant ces jours d’âpres combat dans mes flancs et sur mes cimes. J’ai vibré devant la vaillance de ces soldats valeureux de l’armée des Alpes. Ils sont invaincus et leur détermination a contraint Mussolini à se rendre à l’évidence qu’il venait de subir une sévère défaite. Plus de 6000 italiens tués, blessés ou prisonniers. J’ai été fière de la rage de vaincre et de la ténacité de ces 254 qui ont fait honneur à leur Patrie.

Bientôt je verrai la résistance s’organiser et je resterai aux avant-postes du combat pour la liberté. Le Capitaine ANJOT confiera au lieutenant Théodore Morel (plus connu sous le pseudonyme de Tom MOREL) l’organisation de la résistance en Savoie. C’est à partir de sites montagneux tels que celui du Plateau des Glières ou encore celui du Vercors que cette résistance, fixant les allemands et leur portant des coups sévères, permettra aux Alliés, après le débarquement de Provence, d’atteindre Grenoble en une semaine et de poursuivre ensuite la libération de la France.

  • 22/07/2019 : Chant de la Promotion Armée des Alpes
     
  • 16/11/2019 : Cérémonie de remise des sabres aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan pour la promotion EMIA 59. Photos  H.Kéraval ©armée de Terre

 

 

 

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